Le blog des équiciens

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Témoignages


Synthèse d'une année d'accompagnement en équicie

Témoignage issu de la synthèse réalisée avec l’usager à l’issue de son projet individualisé



Frédérique, 51 ans – usager du Centre Edison – projet d’Octobre 2016 à Octobre 2017 – 1 séance par semaine à Equit’aide – Lixière.

 

Le Lieu : « Ce que m’apporte ce lieu »

« Je me suis habitué au lieu ; c’est un lieu où je me sens en confiance, où je peux être moi, sans surveiller ses arrières.Quand tu es libéré de ça, tu n’as pas peur d’être maladroit, d’être jugé. C’est une question de confiance ».

« Ça vient aussi, surtout de l’encadrement, des intervenants. C’est un peu libérateur ».

« C’est un lieu où je me sens bien … être libre. Je n’ai pas besoin de me cacher, de minimiser les trucs, les sentiments, d’atténuer les émotions. D’être toujours obligé de jouer un rôle, de se cacher, de se sentir juger ».

 

Les chevaux : « Qu’avez-vous appris du cheval ? »

« Au départ, j’ai toujours vécu avec des animaux, au départ la présence d’une bête, d’un animal ça m’apaise, c’est un anti-stress. »

« Ce que ça m’a appris …. Par rapport à mes distances, mes placements dans l’espace, mon positionnement ça m’a aidé a plus facilement me repérer. Ça m’a aidé au niveau motricité, à travailler sur mes faiblesses, ma dyspraxie. Les exercices avec les repères au sol, pas forcément simples au début mon aidé pour ça.

 

Au niveau de la relation : Vis-à-vis de Light (jument) (Frédérique a rencontré plusieurs chevaux avant de poursuivre régulièrement les séances avec Light).

« Grâce au temps : je pense que j’aurais développé le même type de relation avec le cheval dont je me serais occupé. La gestuelle aurait peut-être été différente. Au départ, émotionnellement je ne suis pas plus attaché à elle, même si j’avais envie de continuer avec elle. Cela reste inter changeable (…) plus tu passes du temps, plus tu comprends ; au niveau affectif, je me protège, par peur de la déception mais c’est comme ça avec les humains »

« Ce n’est pas une charge affective très forte … un détachement … ou pas d’attachement ? Où j’évite ! » (rire)

« Je ne m’attend à rien de spécifique, je suis ouvert au changement, c’est ma matinée à moi. Je n’arrive pas avec quelque chose en tête de particulier, je saisis ce que l’on me propose. »

« Importance pour moi du temps, du temps d’adaptation, au lieu, aux gens, au mode de fonctionnement du lieu et des personnes ; les premières fois j’étais dans l’observation de l’humain (rire) » ; « j’ai arrêté d’observer quand je me suis senti à l’aise, sinon j’étais sur la défensive. Une fois en confiance c’est possible de choisir et d’avoir de l’intérêt pour des nouvelles expériences. Quand je me sens en confiance c’est plus simple après de dire ce que j’ai envie de faire, d’exprimer mes envies sans peur d’être jugé … je suis sur la voie (rire). »

« Les chevaux je connaissais au sens équitation classique, j’ai fait quelques cours. Mais ça n’a rien à voir avec ce que l’on a fait nous ! » 

« Light m’a appris qu’ils sont très attentifs à l’environnement, aux distances. Que quand ils veulent quelque chose ils savent se faire comprendre aussi. On peut leur faire faire plein de choses si l’on est délicat. On ne s'impose pas par la force, c’est plus subtil que ça ! Il n’y a pas de rapport de force. Ça fait partie de moi aussi, j’ai du mal à m’exprimer, à leur donner des « ordres ». Je ne suis pas fait pour ça »(…)  « Là avec Light je me suis imposé d’une autre façon : j’ai utilisé le gestuel, le toucher. Elle a appris à me connaître et moi aussi ». « J’ai appris l’importance du respect mutuel, l’importance d’être concentré, d’être avec le cheval. »

« Au début mon observation était globale, je me concentrais sur l’environnement, j’étais « partout » ! Petit à petit j’ai pu me concentrer sur le cheval, je me sentais en sécurité ».

« Avant ce qui m’aurait gêné ça aurait été le changement de personnes (les co-equiciennes : passage de Cécile à Julianne). Aujourd’hui ce n’est plus le cas, peut-être aussi parce que l’environnement et le cheval restent le même ».

« Je me sens en évolution car je suis dans un lieu où je me sens bien, en sécurité, où je ne me sens pas agresser. C’est vraiment le plus important par rapport au reste ! »

« Avec les animaux il n’y a pas d’ambiguïté, il n’y a pas de trucs faux, c’est ça il n’y a pas de fausseté, c’est plus simple, c’est plus dans le ressenti, sur soi-même ».

 

« Conclusion » :

« J’ai plus de confiance en moi et en mes capacités, j’arrive à bâtir quelque chose, quelque chose de concret = une relation. Ça donne plus ou moins de confiance (…) avec le temps, si on prend le temps, on peut bâtir quelque chose …. La prochaine étape ce sera avec les humains ! »(rire).

« C’est une bonne évolution pour moi, y compris dans mon quotidien. Il y a une amélioration dans mes rapports, ma relation avec les autres a évolué. J’ai plus de facilité à m’exprimer quand quelque chose me stress ou me fait chier ! Je suis nettement moins agressif dans mon approche. Pour régler mes problèmes je suis moins agressif aussi, je parle plus calmement ».

« Ce que je recherchais ?  Me sentir en sécurité, sans personne qui me juge négativement, qui me surveille de manière négative, d’être respecté dans ma manière de faire. Me retrouver face à moi-même, à mes angoisses ! Le cheval et l’activité … ça a été libérateur pour moi ! C’est mon refuge qui m’a permis de réfléchir à pas mal de choses. Il y a eu une cohérence de l’expérience avec mes attentes ».

« Ma crainte majeure c’étaient les intervenants et combien de temps j’allais mettre pour être en confiance, je me suis étonnée de la rapidité que ça a pris ! »

 

Poursuite ?

« J’aimerais essayer de me faire entendre sans contraintes, dans une plus grande liberté, trouver une espèce d’osmose…. Avoir le moins de contraintes extérieures possibles et travailler sur la relation pour m’aider dans mon évolution personnelle à être à l’écoute de moi et de l’autre ».

« Voilà c’est pas mal pour quelqu’un qui a du mal à s’exprimer ! » (Rire).

 

 


01/03/2018


Histoire d'une rencontre, sur le chemin de l'équicie

« Des étoiles dans les yeux »

 

C’est avec des étoiles dans les yeux

Que je quittais ces lieux

Parce qu’un rêve devenu réalité

M’a follement enchantée

Malheureusement pas éternel

Mais délicieusement réel

Il me laissera des doux souvenirs

Et l’envie de revenir

Comme par le passé

Quand je les ai rencontrés

Et qu’ils m’ont fait frémir

Et procurer tant de plaisir

C’est une émotion intense

Que je ressentais en leur présence

Qui s’est réveillée ces jours ci

Lorsque nous étions réunis

Pas avec le même caractère

Ni même, la même crinière

Mais une autre éducation.

Et pour moi, bien d’autres sensations.

Laissant libérer mon cœur

La joie et la bonne humeur

Pour vivre pleinement

Ces merveilleux moments

Et bien qu’éphémère

Cette aventure m’est salutaire

Et c’est avec des étoiles dans les yeux

Que j’en parlerai le mieux.

 

Véronique Dal Maso

Le 24 juillet 2010

 

 

 

Témoignage de Johanne Berigaud, psychologue clinicienne et équicienne

 

J’ai donc rencontré Véronique en 2005, elle avait été orientée par nos collègues du Centre de Post Cure pour poursuivre son accompagnement en ambulatoire. C’est le médecin du travail à l’époque qui lui avait donné un ultimatum et dans une injonction à se faire soigner alors même qu’elle ne se considérait pas comme malade ni dépendante à l’alcool. Elle avait le souvenir de quelque chose de violent et de brutal lors de cette confrontation obligée avec elle-même.

 

Nos premières rencontres ont été éprouvantes, pour l’une comme pour l’autre, éprouvantes car Véronique parlait très peu, ne trouvait pas les mots, n’avait jamais été ni écoutée, ni entendue, ni jamais considérée tout court …. Elle se sentait « bête », « idiote » (ce sont ses termes) et moi de mon côté je me sentais complétement démunie, encore empêtrée dans mes représentations modelées par l’Université et le discours « psy », « que la parole soigne », « qu’il faut rester neutre », « ne rien laisser transparaître de soi, de sa vie » etc…. bref, le mal-être de l’une faisait bien écho à celui de l’autre certainement à l’époque. Néanmoins nous nous « accrochions », elle venait, silencieuse et mal à l’aise et je l’accueillais, emplissant les séances et le silence par mes propres mots.

 

Et puis un jour, en Janvier 2006, un évènement anodin de prime abord a changé la donne. J’avais reçu à Noël un magnifique calendrier de Yann Arthus-Bertrand « Chevaux », que j’avais accroché dans mon bureau. L’une et l’autre nous nous sommes souvenues de ce moment, bien plus tard où son regard s’est posé sur cette première photo : des petits chevaux chiliens avec les cîmes de montagnes en arrière-plan et cette petite phrase, ou plutôt cette question timide, gênée mais pleine d’attente : « vous aimez les chevaux aussi ? » …. Cette « petite phrase » qui allait enfin nous permettre de nous rencontrer nous l’avons gardée précieusement et en avons bien ri des années plus tard.

 

Les chevaux furent donc notre trait d’union, notre espace commun. Véronique se transformait quand elle parlait des chevaux, son regard s’illuminait, son corps se redressait et s’ouvrait, je crois que j’ai vu ses premiers sourires à l’évocation de ses rencontres avec le cheval « Vent d’Ouest » lors de son séjour de 3 mois en post cure. Elle me posait des questions sur ma propre expérience et mes ressentis avec les chevaux et j’ai laissé alors toutes mes « sacro-saintes » théories au placard et me suis lancée avec elle vers ce que je pressentais déjà en terme d’accompagnement.

 

Petit à petit nous nous sommes donc apprivoisées, la parole n’était pas toujours aisée mais Véronique fine et intelligente me confia également qu’elle écrivait des poèmes ; pendant plus d’une année elle me ramenait donc son carnet de poésies, en choisissant un ou me le faisant choisir, nous les lisions et échangions au travers ses écrits sur son vécu, ses souffrances et ses espoirs … sur nous.

 

Les chevaux étaient toujours présents et nous attendions avec impatience de découvrir la photo du mois suivant qui suscitait toujours beaucoup de commentaires.

 

C’est en écoutant et en entendant parler Véronique des chevaux et en lisant ses poèmes sur eux que j’ai sans aucun doute puisé l’énergie pour construire ce projet d’accompagnement avec les chevaux dans la structure dans laquelle je travaillais. Comme si nos échanges et avec eux, ceux d’autres patients ayant également bénéficié de cette rencontre pendant le temps de leur postcure avait fait germer ce que je pressentais déjà, ce qui était déjà là en moi, latent n’attendant que ces rencontres pour prendre forme et se concrétiser.

 

J’entrais donc en formation en 2010 à Equit’aide et dans le même élan et mouvement me lançais avec un premier groupe de 4 patients, dont bien entendu Véronique dans l’aventure !

 

Le temps a passé, Véronique allait mieux, beaucoup mieux. Nous avons fait une longue pause de 9 mois pendant mon congé maternité en 2009. A mon retour Véronique m’apprenait qu’elle avait un cancer. Après plusieurs mois de traitement son état de santé s’était amélioré et nous avons donc décidé qu’elle participerait à nouveau à un groupe d’équicie, nous allions maintenant à Equit’aide. Après 2 ans de répit, le cancer a pris le dessus, Véronique était à nouveau en traitement mais le pronostic était sans appel et le temps se comptait en mois ; ne pouvant plus intégrer le groupe d’équicie au centre pour des raisons organisationnelles nous avons décidé, comme une évidence qu’elle irait à Equit’aide en démarche personnelle et que dans le cadre de ma fonction d’équicienne je l’accompagnerais en séance individuelle. Véronique retrouva Cocaïne une dernière fois, ces matinées comme un temps suspendu, au pas et rythme de Véronique et de sa compagne équidé, attentives l’une à l’autre, fatiguées et malades l’une et l’autre mais vivantes, présentes l’une avec l’autre.

 

Véronique est venue le plus souvent qu’elle a pu, jusqu’à ce que son corps ne puisse plus ; les derniers jours nous nous remémorions notre rencontre, notre histoire, nos débuts maladroits qui nous faisaient bien rire maintenant et tous ces moments avec les chevaux qui avaient été pour elle source de joie, d’apaisement, « un des plus beau cadeaux de la vie » qu’elle pensait avant sa venue dans notre Centre inaccessible.. Véronique est décédée en 2014 mais ses nombreux poèmes demeurent et beaucoup plus aussi puisqu’elle a été la personne à l’origine de ce projet, qu’elle y a donné du sens, qu’elle y a cru finalement pour elle et pour les autres patients ; Véronique est une des personnes qui m’a fait le plus grandir humainement et professionnellement.

 

Jeudi 11 janvier 2018.

 


13/01/2018


Semaine de l'équicie 2017 : Journée institutionnelle partagée avec les chevaux

Témoignage de l'association Equi Touch' : historique de l'association et l'explication de la semaine de l'équicie 2017

 

Le vendredi 12 mai 2017 l'ITEP Saint-Yves, en partenariat avec la Fédération Nationale Handi Cheval et  l'association Equi Touch', a organisé une demie-journée de découverte de l'équicie et des différentes activités de médiation équine proposées dans l'établissement. Cette demie-journée s’est adressée aux professionnels de l'ITEP et aux personnes extérieures intéressées par ces activités.

 

 

Le programme de la matinée :

- Présentation du projet autour des chevaux à Saint-Yves.

- Présentation du métier d'équicien.

- Ateliers pratiques de découverte des équidés pour une première approche, une découverte, un ressenti...

 

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Présentation du projet autour des chevaux à Saint-Yves 

 

  • Historique :

 

- En 2007-2008, il y a 9 ans, l'activité équitation adaptée a débuté à Pertuis au centre équestre Cheval et Soleil.

- En avril 2009, il y a 7 ans et ½, les chevaux sont arrivés à Saint-Yves avec Marie qui faisait monter tous les enfants à cheval. Certains d entre eux avaient la responsabilité de nourrir les chevaux durant la semaine. Des adultes s'en chargeaient le week-end.

- En 2010, il y a 6 ans et ½, Sandrine part en formation d'équicienne avec la Fédération Nationale Handi Cheval.

- De 2009 à 2011, un nombre d'enfants reste en contact avec les chevaux  (équitation adaptée et  activités autour du cheval) sous la responsabilité bienveillante de Marie et Sandrine.

- A partir de 2011 germe l'idée d'associer les différents services afin d'intégrer le projet individualisé cheval à celui personnalisé de l enfant. Les objectifs des divers types d'intervention proposés aux enfants sont ainsi clarifiés : projet à visée éducative, thérapeutique ou de loisir.

- A partir de 2013, le travail de Coline lors de son stage d'équithérapeute à l'ITEP Saint-Yves a permis de poser un cadre précis sur l'orientation des diverses activités à médiation équine pour chaque enfant.

 

Cette année, des réunions hebdomadaires avec Marie, Sandrine, Coline et Sandra ont été mises en place, afin de se concerter sur le rôle de l'équicie. En complément, cette équipe rencontre le Pédopsychiatre lors de réunions trimestrielles. Elle lui fait part de ses avancées et ses propositions de travail.

 

  • Pour informations :

 

Durant l'année civile 2015, 37 enfants ont été concernés par les activités autour du cheval, à des degrés différents (de 19 à 617 heures) : ateliers pédagogiques et/ou éducatifs, équitation adaptée, équicie ou équithérapie, soins aux chevaux.

Ces interventions proposaient différentes activités à médiation équine : des activités avec des objectifs autour de la socialisation, d'autres autour d'un travail psychomoteur, d'autres autour de la tolérance à la frustration, et d'autres autour du travail de séparation et d'individualisation.

 

  • Le cadre aujourd'hui :

 

L’accompagnement est multiple : plaisir, éducation et soins se mêlent.

De l’analyse de la demande et de la définition du cadre vont émerger les objectifs et les moyens à mettre en œuvre. Selon les intervenants et leur spécificité, les enfants seront orientés vers les diverses activités proposées autour du cheval.

 

 

Plusieurs ateliers en médiation équine sont aujourd'hui proposés :

 

- L'activité d'équitation adaptée se déroulant au centre équestre Cheval et Soleil à Pertuis avec l'objectif d' « intégration sociale ».

- Les activités de groupe proposées par Marie, orientées autour de la notion de plaisir, loisir, et/ou d'apprentissages équestres (passage des galops, découverte de différentes disciplines équestres : voltige, attelage, poney-games, randonnées, éthologie, travail en liberté...).

- Les activités de groupe proposées par Sandrine, sur les temps scolaires, (matins ou après-midis), orientées vers des projets à visée éducative ou pédagogique (être capable de participer à une activité collective, être capable de réaliser une tâche à la fois, avec de moins en moins de rappel de la consigne, être capable de respecter les consignes durant la séance, être capable de tutorer un autre enfant, enchaîner différentes tâches et rester concentré entre deux tâches, réaliser une tâche puis une autre même si la réussite n’est pas immédiate...).

- Les activités individuelles proposées par Sandrine les soirs et Coline la journée et les soirs, orientées vers des projets à visée thérapeutiques (être capable d'être en relation avec le cheval, être capable de prendre du plaisir ici et maintenant, être capable de travailler à long terme en acceptant les réussites comme les échecs,  accompagner l'enfant dans le développement d'une plus grande sécurité intérieure, accompagner l'enfant à prendre plus d'autonomie dans sa façon de penser, travailler sur l'enveloppe corporelle...).

- Les activités autour des soins aux chevaux :

Plusieurs possibilités :

- un enfant peut être responsable de nourrir les chevaux un matin et/ou un soir. Cela fait partie de son projet personnalisé, et il doit être accompagné sur cet objectif.  

- c’est une activité de groupe, donc plutôt le soir, encadrée par un éducateur. Je me tiens à votre disposition pour construire le projet et le démarrer ensemble si cela est nécessaire.

 

Aujourd'hui, l'indication de relation d'aide avec le cheval passe par les réunions interdisciplinaires. La proposition se fait, le choix de l'activité se décide, un temps d'observation est établi, au-delà duquel un point est fait afin de décider de la poursuite ou non de l'activité.

 

Journée autour de l'équicie

 

 

Lors de cette journée plusieurs ateliers pratiques ont été mis en place pour faire découvrir les équidés avec pour objectifs de sentir, ressentir, les approcher.

3 ateliers étaient proposés :

- un atelier de « travail » avec un cheval en liberté

- un atelier de « ressenti, relaxation, à cheval

- un atelier de « conduite » de cheval en longe courte…



3 groupes d’environ 15 personnes alternent sur les différents ateliers.



Une journée riche en échange qui a sensibilisé les différents professionnels de l'ITEP à l'activité cheval pour mieux accompagner et comprendre les enfants bénéficiant des séances avec Equi Touch'.

 

 

Contacts :

 

Association Equi’Touch

 

Sandrine Le Texier

 

84 - St Martin de la Brasque

 

Tel : 06.42.60.77.69

 

 

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09/11/2017


Témoignage des familles

Témoignage de la maman d'Orian bénéficiant de séances d'équicie auprès de l'association "Equi'latéral" dans le Tarn.

 

Orian est un petit garçon âgé de 10 ans atteint de troubles autistiques, il a été scolarisé à l’âge de 3 ans à raison de 3 heures par semaine avec une A.V.S, puis 6 heures et enfin 12 heures jusqu’au cours préparatoire où c’est devenu assez difficile car il n’avait aucune concentration dans son travail et était toujours très distrait au moindre bruit.

A 7 ans, Orian est admis en Uliss primaire à Lavaur. Il a 4 demi-journées par semaine, le reste du temps il a des prises en charge : orthophoniste, éducatrice, psychologue, psychomotricienne. A chaque rendez-vous je repars démoralisée car j’entends toujours la même phrase : Orian n’a aucune concentration, sur une heure de prise en charge, on ne travaille que 10 minutes.

Nous connaissons la maman de Léa qui nous a parlé de l’équicie. Nous avons pris rendez-vous et Orian a tout de suite été en admiration devant les chevaux.

Les premières séances, Orian était très agité comme à son habitude. Il a commencé en atelier individuel. Il a testé Florence pour voir ses réactions et il s’est rendu très vite compte qu’elle répondait à ses questions avec beaucoup de patience. Petit à petit Orian a pris de l’assurance. Le second trimestre, Florence a proposé un atelier collectif avec Léa.

Orian a vite compris qu’avec un cheval il fallait rester concentré et attentif.

A la fin du premier trimestre la psychomotricienne nous a dit qu’elle était super contente car Orian avait fait beaucoup de progrès. Elle nous a demandé ce qu’il se passait car en peu de temps il était passé de 10 minutes de travail à trois quart d’heure. L’orthophoniste a eu la même réaction.

C’est un plaisir de voir son enfant heureux et attendre le mercredi, jour de l’atelier. Orian a énormément progressé mais pas seulement dans les prises en charge.

Le contact avec les chevaux est très positif pour l’évolution d’Orian. Après chaque séance, il est calme et moins agité.

 

 

Contacts : Association Equi'latéral, Florence Bouygues - Loupiac (81 Tarn) - Tel : Tel : 06 67 49 76 22 - Mail : equilateral-mp@outlook.com

 

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14/08/2017


Allier équitation et équicie au sein d’un même projet

Article issu de la Revue de la Médiation Equine N°8 - 2015

 

Avec Clémence Lecomte, équicienne, monitrice d’équitation, créatrice de La Ferme des Korrigans, lieu de pratique de l’équicie depuis septembre 2014, en Bretagne

 

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La Revue de la Médiation Equine : en tant que monitrice BPjeps, comment avez vous abordé la création de votre lieu d’équicie ?

Clémence Lecomte : Avant tout comme un lieu de médiation animale, avec le cheval comme partenaire. Que ce soit pour des séances d’équitation ou d’équicie, je propose un cadre qui permet de tisser une relation positive avec les chevaux et de cheminer ensemble vers les objectifs des personnes. Le bien-être des chevaux, pendant et en dehors des séances, est une préoccupation centrale. Cela implique de leur offrir des conditions de vie adaptées à leurs besoins (prés avec abris, vie en troupeau, alimentation raisonnée, suivi en ostéopathie,  dentisterie...), d’entretenir une musculature et une locomotion adaptées aux situations de monte, de mettre en place des apprentissages venant nourrir une relation positive envers l’humain, d’être attentif aux indicateurs de bien-être et de mal-être pendant les séances. Cette approche est bénéfique pour la sécurité de tous et pour la qualité de l’accompagnement, aussi bien en équicie, qu'en équitation. Quelque soient les publics accompagnés, ma démarche est similaire : accueillir en individuel, concevoir un projet avec la personne, dans la durée, à un rythme qui lui correspond. Même si les séances d'équitation sont davantage centrées sur les apprentissages équestres, il m'arrive avec certains cavaliers d'utiliser les outils de suivi de l'équicie et une approche de relation d'aide.

 

R.M.E. : vos pratiques d’équicienne et de monitrice sont donc complémentaires ?

C.L. : En équitation, ma pratique d'équicienne me donne des informations sur la situation qui se joue pour la personne et le cheval. J’ai le sentiment d’avoir davantage d’outils pour aider les personnes qui viennent officiellement « monter à cheval », mais qui ont souvent une autre attente non verbalisée : celle d'un accompagnement vers un mieux-être via la relation au cheval. La plupart des parents qui me confient leurs enfants sont également très conscients de l'impact de ce type de séances d'équitation sur le développement psychomoteur, la gestion émotionnelle, les aptitudes sociales...

A l’inverse, ma casquette de monitrice est également utile en équicie. Elle m'offre par exemple la possibilité de faire évoluer certains projets vers de l'équitation adaptée, davantage centrée sur les apprentissages équestres. Je pense ainsi à un monsieur hémiplégique, déjà cavalier avant de connaître ce handicap, que j’accompagne en équicie pour l'instant, mais dont le projet évoluera probablement dans les années à venir vers de l'équitation adaptée. Cette double formation me permet d’accueillir et d’accompagner des publics variés, issus de réseaux différents et sur des périodes complémentaires de mon emploi du temps : l’équitation plutôt le mercredi, le soir, le week-end ou pendant les vacances, alors que les séances d’équicie sont plus souvent positionnées en journée, durant la semaine. Sur le plan économique, c'est un atout considérable pour compléter l'activité d'équicie.

 

R.M.E. : et d’un point de vue de la cavalerie, n’est ce pas problématique ?

C.L. : Au contraire. Mes six chevaux et trois poneyx ont du coup un travail varié avec des activités diversifiées. Lors des séances d’équicie, ils ont généralement une activité physique faible, avec dans certains cas un peu d'inconfort et une demande d'attention soutenue. Avec les publics orientés vers l'équitation, nous réfléchissons justement à ce qui pourrait physiquement aider le cheval dans sa locomotion, son équilibre, son endurance, sa souplesse. Nous profitons également des sorties en extérieur pour leur changer les idées ! Les élèves des séances d'équitation contribuent à l'entretien physique et aux apprentissages des chevaux, travail indispensable pour qu'ils puissent interagir sereinement avec des personnes en difficultés par la suite.

 

R.M.E. :Est-ce que les bannières équicie et publics handicapés ne repoussent pas les publics valides?

C.L. : On pourrait l'imaginer, mais la réalité que e rencontre montrerait plutôt l'inverse. Le fait qu’il y ait un accompagnement en équicie rassure certaines personnes attirées par l'équitation, mais ayant beaucoup d'appréhensions. Peut-être se sentent-elles plus à même d'exprimer leurs inquiétudes dans ce contexte d'écoute ? La plupart sont davantage à la recherche d'une mise en relation avec le cheval que d'une pratique sportive de l'équitation. De part notre bannière équicie, nous affichons ostensiblement la recherche de bien-être (humain et équin) et de respect mutuel. Cette mixité de pratiques et de publics, sous une même philosophie, permet peut-être plus facilement de créer un lien de confiance.

Dans l'autre sens, certaines personnes en difficulté, qui pour différentes raisons auraient du mal à faire une démarche vers une activité connotée "handicap", sont peut-être plus à l'aise pour venir nous rencontrer sur le volet moins "stigmatisant" de l''équitation. Tout le monde parait satisfait de la mixité occasionnée, notamment plusieurs parents qui m'ont dit voir dans ces rencontres une situation très éducative sur la tolérance et la solidarité.

 

R.M.E. : sur le plan économique comment s’articule cette complémentarité ?

C.L.: Lors de ma récente installation en Bretagne, il a été plus rapide d'attirer des publics sur le registre de l’équitation. Les réseaux avec les institutions, la MDPH, sont plus longs à mettre en place. Se faire connaître des familles concernées par le handicap prend également du temps. Dans le cas d'une ouverture de structure où les charges peuvent être élevées dès le début, pouvoir compter sur les activités d'équitation permet un être élevées dès le début, pouvoir compter sur les activités d'équitation permet un démarrage plus serein...

A la ferme des Korrigans, nous avons la chance d'être propriétaire des terres et des chevaux, l’alimentation est produite sur place par mon conjoint avec lequel je suis associée en EARL (entreprise agricole). Pour autant, nous sommes dans la première année d'exercice et ne pouvons pas encore tirer un Smic chacun. Diplômée depuis peu, je vais maintenant communiquer plus lisiblement sur l'équicie, même si le bouche à oreille fonctionne déjà : les accompagnements se développent et je commence à être identifiée dans le secteur lié au handicap. A plus long terme, je compte compléter l’activité avec des initiations à l’équicie et des formations sur différentes thématiques pouvant, entre autres, être utiles aux moniteurs d'équitation adaptée. Il me semble important de préciser que nous avons sur la ferme un gîte de trois chambres, représentant un revenu complémentaire et un véritable atout pour l’activité d’équicie. Il nous permet de toucher des personnes recherchant un séjour sur le thème équestre. A ce jour, près de la moitié des familles accueillies dans le gîte a un lien avec le handicap.

 

Si vous souhaitez poser des questions ou demander conseil à Clémence, vous pouvez la contacter à l’adresse mail : clemence.lte@gmail.com

www.ferme-des-korrigans.com

 

 


25/09/2015